L'Aubergiste

 

Sous le haut Moyen âge, l’hébergement des passants est assuré par l’hospitalité privée ou les monastères. À partir du Xème siècle, l’animation des routes, due à l’essor du commerce et des transports, entraîne la création du métier d’aubergiste. Delamare écrit dans son Traité de la police : "Ce sont des lieux où l’on trouve, non seulement le secours des vivres, comme au cabaret, mais encore un gîte pour coucher et des écuries pour ses chevaux, en sorte qu’on s’y regarde comme chez soi, y trouvant toutes les mêmes commodités qu’en sa propre maison".

 

Les auberges sont a priori plus recommandables que les cabarets ou les tavernes car "il s’y trouve des assemblées par le concours des hôtes, elles sont pacifiques et non suspectes de débauche, chacun n’y pensant qu’à ses affaires ou aux sujets de son voyage".

 

            

 

On ne dénombre pas moins de quatre aubergistes à Marats en 1841 : Alexandre BONTEMPS, Jean Baptiste MARECHAL, Jean Baptiste MICHEL et Mansuy NOËL.

 

 

Le Berger

 

Si le pâtre est celui qui garde les troupeaux, le berger est au sens propre celui qui garde les moutons. Mais en Lorraine on utilisait ce terme pour désignait celui qui gardait les vaches en distinguant parfois « berger des vaches » et « berger des moutons ».

 

Sur le recensement de 1841, Jean Pierre HEBRAT et Nicolas Sébastien RAULIN sont enregistrés comme « berger ».

 

 

Le Bourrelier

 

À la campagne, au XIXème siècle, l’artisan bourrelier fournit une importante clientèle de rouliers (voituriers par terre), de muletiers et d’agriculteurs. Il répare et confectionne les bâts et les harnais des bêtes de somme, les colliers et les guides des chevaux qu’on attelle à la charrue, aux charrettes et aux tomberaux, indispensables aux rudes travaux des champs. Il "habille" chevaux de travail, voitures et moissonneuses. Il fait un travail d’usage, où la solidité prime sur l’élégance. Souvent, il travaille seul, parfois aidé d’un ouvrier, toujours secondé par sa femme.

Pierre BILLOTTE (1841)

 

 

Le Briquier

 

La majeure partie des habitants qui ne sont pas cultivateurs se livrent à une industrie particulière à la localité, c'est la fabrication des briques non cuites, mais desséchées au soleil : elles sont excellentes pour la construction des fours. Les produits s'expédient, non-seulement dans tous les environs, mais aussi dans les départements voisins.

 

en 1841 on peut citer : Jean Baptiste BILLOTTE, Capistrant COLSON, Pierre Clément HEBERT, François JACQUET, Christophe Quentin et Valentin MERCIER, Victor PURSON et Jean ROUYER.

 

En 1852, Armand BUVIGNIER, membre de la société géologique de France, publie dans son livre sur la géologie du département de la Meuse, un paragraphe dédié à cette activité. Il écrit :

 

Briques de Marats

 

Les argiles qui accompagnent les lumachelles servent, dans un grand nombre de localités, à la fabrication des briques crues  destinées à la construction des fours. On en fait une quantité considérable dans le village de Marats. Cette industrie paraît y être établie depuis un temps très reculé, car ces briques et toutes celles qui servent au même usage sont connues dans le département et dans les environs sous le nom de "briques de Marats". C’est à tort que plusieurs personnes croyent parler plus correctement en disant briques de marais. Si le mot Marats peut être considéré comme le patois de marais, ce n’en est pas moins au village lui-même que les briques doivent leur dénomination, et c’est généralement sur le plateau qui domine le village, et non dans les parties basses et marécageuses dont il tire son nom, qu’on extrait la terre destinée à cette fabrication.  On les vend sur place au prix minime de 4 fr. le mille, et les carreaux pour les âtres de four, 0,10 la pièce.

 

 

 

Le Cantonnier

 

Les usagers  ne se bousculaient pas sur les chemins du village. Le cantonnier transportait ses outils (balai, pioche, croissant) dans une brouette, qu'il garait au bord du talus tant que durait son ouvrage de réfection. Selon la saison, il balayait les mottes laissées par les charrues, étalait les gravillons dans les "nids de poule" ou curait les fossés en prévision des pluies. L'herbe des accotements était laissée aux paysannes, qui la faucillonnaient pour leurs lapins ou y attachaient leurs chèvres. On disait malicieusement que le cantonnier, qui rempierrait pendant l'hiver mettait "les pièces à côté des trous". Les pierres étaient fournies par les paysans, comme pendant les corvées du Moyen Age. Les trous rebouchés, le cantonnier tassait les reprises en roulant dessus une « dame » ; le cheval était prêté par un paysan complaisant.

 

En 1841, le cantonnier des Marats était Augustin BOURGEOIS.

 

 

Le Chandelier

 

Bougies, chandelles et cierges sont des objets d’une importance capitale dans une France encore tributaire de l’éclairage du soleil.

 

Cirier et chandelier sont des métiers voisins, mais qui ne sont pas identiques. Le cirier travaille avec de la cire d’abeille. Il la purifie pour la rendre utilisable aussi bien dans la fabrication de cierges que dans toutes ses autres utilisations.

 

 

 

Le chandelier, quant à lui, travaille avec du suif. Celui-ci est obtenu à partir de graisses animales fondues et clarifiées ou épurées. Le chandelier se cantonne à la transformation du suif en chandelle.

 

 

Cependant, ces deux métiers se rejoignent sur bien des points. Étant donné que ni l’un ni l’autre ne se chargent de la récupération de la matière première, ils sont tous deux confrontés au même travail de purification et tous les deux élaborent de façon quasi similaire bougie, chandelle ou cierge.

 

En 1841, c'est Victor GERVAISE qui assurait cette fonction à Marats.

 

 

Le Charron

 

Le charron est un artisan estimé qui fabrique des charrettes et autres moyens de roulage, avec une spécialité : la fabrication et réparation des roues. C’est à son habileté et dextérité à fabriquer ces dernières et aux opérations particulières qu’elles entraînaient que le charron devait sa renommée.

 

                

 

Le charron travaillait essentiellement durant les périodes ou les travaux des champs étaient plus intense (labour, semailles, moisson…) : les chariots, charrettes ou autres charrues étaient mis à rude épreuve et les roues se brisaient plus qu’a l’accoutumée.

 

C’est pendant l’hiver et la saison creuse que le charron fabriquait les roues et divers éléments constituant une charrette. Il arpentait aussi les forêts pour y repérer les arbres dont il allait se servir les prochaines années.

 

Son statut d’excellent ouvrier le plaçait au dessus des charpentiers et il n’est pas rare qu’il fasse tous les travaux de réparation et de couverture d’une maison.

 

Le recensement de 1841 à Marats nous confirme que le métier de charron était exercé par Jean GAND et par Didier ROUYER, Auguste MANSUY étant retraité.

 

 

Le Charpentier

 

Avec les menuisiers, les charrons et les tonneliers, le charpentier travaille à la transformation du bois. Mais tout en hauteur ! En charge de l’ossature d’une construction, de lui dépend en partie la fiabilité des bâtiments. D’où son élévation au faîte de la hiérarchie professionnelle…

 

Dans la hiérarchie des métiers du bois, le charpentier est l’un des métiers les plus considérés : en effet, la fiabilité de la construction des grands édifices dépend des charpentes, faites d’assemblages complexes de poutres, solives, voliges et autres chevrons. On distingue les charpentiers de grande cognée ou de haute futaie, qui travaillent le gros bois de charpente, et les charpentiers de petite cognée, auxquels sont réservés les ouvrages les plus menus et qui deviendront menuisiers.

 

Les charpentiers édifient les bâtiments les plus humbles (granges, maisons à pans de bois, moulins, halles) comme les plus prestigieux. Grâce à leur savoir, ils lèvent des charpentes souvent compliquées, en fonction des nécessités des plans et en utilisant au mieux les ressources en bois locales.

 

En 1841, on relève les noms de Jean POUPART et de Jean Denis ROUYER.

 

 

Le Coquetier

 

En 1841, Bernard THOMASSIN et Jean Joseph DIDIOT exerçaientt le métier de coquetier. Ces coquetiers était en fait des marchands ambulants qui récoltaient les produits frais tels que les œufs, le beurre, puis par la suite des volailles ou encore des légumes. Ils passaient dans les fermes acheter ces produits qu'ils revendaient ensuite au marché.

 

 

Le Cordonnier

 

Pendant des siècles, la seule chaussure portée par les paysans fut le sabot.

La cordonnerie se développe surtout au cours du XIXème siècle. Marats n’échappe pas à la règle et on ne dénombre pas moins de 8 cordonniers en 1841 dont un compagnon (Emile PONSELET).

Pour être reçu maître cordonnier, il faut avoir fait un apprentissage de quatre ans, offrir des garanties d’honnêteté suffisantes et avoir exécuté un chef-d’oeuvre dont les critères évoluent avec la mode.

 

Ils se nommaient Alexandre et Joseph BOURGEOIS, Joseph HEBERT, Constantin MANSUY,  Jean Pierre POUPART, Victor PRIN, et Mansuy Victor PURSON.

 

Ils fabriquaient essentiellement des souliers, des chaussures ou des brodequins avec le cuir acheté aux tanneries et assuraient les réparations.

 

 

La Couturière

 

Elle était une travailleuse itinérante qu’on louait souvent pour la journée. Elle taillait et cousait les habits d'hommes aussi bien que ceux des femmes et des enfants.

 

On comptait quatre couturières à Marats en 1841 Pélagie BOURGEOIS, Marie MAGINOT, Mélanie et Rose SALMON.

 

 

Le Cultivateur

 

Avec 43  cultivateurs à Marats en 1841, cette tranche de la population était sans conteste la plus représentée. Les noms les plus courants sont : HENRY, MANSUY, PURSON, GUIOT, COLSON, GABRIEL, BERTHAUX, HAIDON, RAULIN, NOËL, BRISSOT, GERARD, HEBERT.

 

Le terme de « cultivateur » est employé à cette époque puisque l’agriculture était essentiellement tournée vers la terre. Ce n’est que vers la fin du XIXème siècle que la conversion à l’élevage s’opéra, avant de s’accélérer considérablement au lendemain de la dernière guerre. Les cultivateurs sont donc devenus des « agriculteurs ».

 

Anecdote : le terme « écurie » désignait aussi l’étable et, quand la distinction s’imposait, on parlait couramment de « l’écurie des vaches » et de « l’écurie des chevaux ».

 

 

Le Domestique

 

Le nombre des domestiques, leurs rôles, le lien étroit qui les unit à leurs maîtres, font des domestiques un pilier de la société. Véritable prolongement de la famille, ils constituent une catégorie sociale très importante et diversifiée. Le terme "domestique" désignant "tous ceux qui sont subordonnés à quelqu’un, qui composent sa maison, qui demeurent chez lui" implique une idée de dépendance mais pas nécessairement de salaire…

 

Les gages forment la base du contrat et le point de discussion lors de l’embauche. S’y ajoutent les avantages en nature (nourriture, logement, vêtements, chauffage), et les diverses gratifications et étrennes. Suivant la fonction (spécialisée ou non), l’ancienneté, la faveur du serviteur, le niveau social du maître, le montant des gages varie fortement. Le paiement, n’a rien de régulier. Certains domestiques dits "à récompense" ne reçoivent leur dû qu’au moment de quitter la maison. Les revenus sont en effet bien souvent considérés non comme un salaire mais un secours. Certains même se donnent à une maison seulement contre l’absence de souci matériel et la protection.

 

En 1841 on en dénombre 12 dans divers foyer du village. On retrouve les noms suivants : MARIE, IGIER, ZIMMERMAN, VANNESSON, MICHEL, BERMONT, HEBERT, LAGABBE, KINFRE, GERVAISE.

 

 

L'Emouleur, un métier de migrant

 

Les émouleurs, parfois aussi marchands de coutellerie, s’en vont de village en village, portant leur meule pour affûter couteaux, ciseaux et outils tranchants. Ils sont 12 à Marats en 1841, où avant leur départ, les couteliers du Bassigny viennent leur vendre la marchandise.

 

Ces travailleurs migrants, qui partent pour une durée de huit à neuf mois, sont généralement bien accueillis dans les villages où ils apparaissent à date fixe, suivant des itinéraires inchangés, connaissant tout le monde et apportant les nouvelles. Ils sont attendus parfois avec impatience et leur arrivé constitue un événement au village.

 

 

A la fin du XIXème siècle, tous ces travailleurs migrants sont moins nombreux. Ils ont bien souvent émigré vers les nouveaux centres industriels des départements voisins.

 

Pour mémoire voici les noms des 12 émouleurs de Marats en 1841. Joseph et Valentin COLSON. Nicolas GABRIEL. Jean-Pierre  et Victor GERARD. Florentin, Joseph, Jules, Claude Augustin, Jean-baptiste et Valentin HEBERT. Hyacinthe PURSON.

 

 

Le Garde-champêtre

 

De nos jours, qui se souvient de ce personnage bien souvent haut en couleur et maintenant disparu de bon nombre de nos communes ?

 

Rappelons qu'il était officier de police judiciaire, chargé de surveiller les récoltes, les propriétés rurales de toutes espèces et de constater les délits qui pouvaient s'y commettre, ainsi que les contraventions aux règlements de la police municipale.

 

Il y avait une police pour les villes, mais aucune pour les campagnes. Le Code Rural du 6 octobre 1791, l'un des derniers actes de l'Assemblée Constituante, mettait fin à cet état de fait. Sous la direction des juges de paix et sous la surveillance des officiers municipaux, il était nommé par le conseil de la commune, et ne pouvait être changé ou destitué que dans la même forme. Il était payé sur les amendes et, en cas d'insuffisance, la somme qui manquait devait être répartie sur la contribution foncière.

 

En plus des rôles d'officier de police judiciaire et d'agent de la force publique, le garde-champêtre était aussi agent de l'administration municipale dont il devait faire exécuter les règlements et instructions. Bien qu'il ne devait être ni le serviteur, ni le domestique de la commune, mais un véritable fonctionnaire.

 

L'institution du garde-champêtre était consacrée par la loi du 20 messidor an III (8 juillet 1795) qui précisait qu'il y aurait au moins un garde par commune, et que la municipalité serait juge de la nécessité qu'il y en ait davantage.

 

En 1841, il y avait deux agents à Marats : Nicolas PURSON et Georges BERTHAUX.

 

Suivant la loi du 6 octobre 1791, pour être garde-champêtre, il fallait avoir 25 ans révolus, être d'une moralité irréprochable, posséder la fermeté du caractère et les connaissances premières requises pour rédiger convenablement un rapport. Un arrêté gouvernemental du 25 fructidor an IX (12 septembre 1801) prescrivait de choisir les gardes-champêtres parmi les vétérans et autres anciens militaires.

 

Toujours suivant la loi du 6 octobre 1791, il devait être muni, dans l'exercice de ses fonctions, d'une plaque de métal ou d'étoffe où étaient inscrits ces mots : La Loi, le nom de la municipalité et le sien. Le port des armes était facultatif et leur acquisition restait à la charge de la commune.

 

Homme respecté et surtout craint, le garde champêtre représentait l’autorité communale. Il était pendant des siècles, l’unique et seul employé de la commune, le gardien de la population villageoise en quelque sorte. Il veillait sur tout ou presque, il surveillait presque tout également. Sa polyvalence le rendait indispensable au bon fonctionnement matériel de la commune. Le garde champêtre assurait d’une certaine façon l’ordre et officiait comme représentant de la police communale.

 

 

Le Journalier, Manœuvre

 

Journalier, manouvrier, manœuvre... Sous l’Ancien Régime, ces appellations différentes selon les régions désignent celui qui loue ses bras à la journée.

 

Ils appartiennent à la couche inférieure de la société paysanne. Ils s’apparentent aux mendiants mais sont assez souvent propriétaires ou locataires d’une petite maison, parfois constituée d’une pièce unique. Ils ont peu de biens, un coin de jardin qui permet quelques cultures, peu de bétail, surtout des lapins et de la volaille, une vache ou quelques ovins souvent nourris par la vaine pâture. Ici, le manouvrier est un "rural non spécialisé qui travaille chez les autres, à des tâches banales, saisonnières, intermittentes : faner, moissonner, vendanger, battre en grange, aider aux menus travaux des exploitations importantes".

 

Pauvres et nombreux, ils représentent toujours une part importante de la population et vivent à la frange de la mendicité. Ils subsistent grâce aux travaux agricoles d’appoint chez les laboureurs ou cultivateurs mais grâce aussi à la main-d’œuvre d’appoint dans le bâtiment, aident les bûcherons, fabriquent des fagots... Les femmes font des lessives ou prennent des enfants en nourrice.

 

En 1841, on peut relever 19 noms qui sont distingués en deux catégories :

    « journaillier » : LAGABBE, MANSUY, MAGINOT, THOMASSIN, ROUYER, MARCHAL, MERCIER

    « manœuvre » : RENAUX, HEBERT, NOËL, COLSON, BERTHAUX, PURSON, GERARD, PETITPAS, HUSSON.

 

 

Le Maçon

 

Marats à compté jusqu’à 143 maisons de pierre couvertes en tuile, c’était en 1851.

Pour la réalisation de toutes ces constructions, les maçons ont été très souvent sollicités. En 1841 on en comptait cinq. Il s’agissait d’Hilaire BERTHAUX, Etienne et Louis COLSON, Jean François FEUILLET et Victor HEBERT.

 

Le plus souvent, les murs sont construits en moellons de calcaire recouverts d’un enduit à la chaux. Sur les constructions les plus rustiques, les moellons sont parfois laissés apparents, avec des joints beurrés, c’est-à-dire affleurant les parties saillantes des moellons et recouvrant une partie du parement.

 

             

 

La maison traditionnelle lorraine disposait de deux ou trois travées que se partageaient bêtes et hommes : celle de l’écurie, accessible par une porte charretière, celle de la grange en accès direct de la rue, la paille et le foin étant hissés dans les greniers couvrant les locaux, et enfin la travée réservée au logement. Le fumier est évacué vers l’usoir.

 

 

Le Maréchal-ferrant

 

Autrefois, pas de village sans forge, sans maréchal-ferrant et sans le bruit familier du marteau frappant en cadence sur l’enclume... Personnage central et reconnu de la vie villageoise traditionnelle, il cumule souvent les fonctions de forgeron, ferronnier et taillandier.

 

Le perfectionnement de l’agriculture, le développement de la culture attelée et l’essor du cheval dans les transports font la fortune du maréchal-ferrant. C’est lui qui ferre les chevaux, les mules et les vaches, fabrique et répare les versoirs et les pièges en fer des charrues, des attelages, tout l’outillage à main nécessaire aux travaux des champs et les outils des artisans du village. Il forge également les objets de la vie domestique, en particulier ceux qui servent à la cuisine dans l’âtre : crémaillères, landiers, trépieds et grils...

 

Une enseigne, le bouquet de saint Éloi, où viennent souvent les fers et les outils, signale la présence de la forge. Dans l’atelier aux murs noircis de fumée, plus éclairé par la présence du feu que par la lumière du jour, le foyer et son grand soufflet, l’enclume, la cuve pleine d’eau pour refroidir le fer incandescent occupent la plus grande partie de l’espace. Au-dessus de l’établi appuyé contre un mur sont accrochés des outils et des fers de formes et de tailles diverses. Le travail, bâti en bois et en fer, où l’on sangle les bœufs à ferrer, est souvent installé dans la cour du maréchal.

 

Le forgeron ou maréchal-ferrant n’est pourtant pas riche. Jusqu’au début du XXème siècle, c’est le troc qui prévaut : le meunier le paie en farine, le fermier en volailles, légumes, grains ou bois de chauffage, d’autres encore troquent leur travail contre celui du maréchal... S’il y a un paiement en numéraire, il se fait deux fois par an, notamment à la Saint-Éloi ou à Noël.

 

Cet artisan travaille tôt le matin et tard le soir. Voyageurs, cavaliers, paysans se pressent dans l’atelier qui ne désemplit pas. On y veille parfois. C’est un lieu convivial, comme le café ou la place du marché. On y échange nouvelles et potins autour du feu qui réchauffe.

 

Jean Pierre BUVELOT remplissait cette fonction en 1841.

 

 

Le Meunier et son moulin

 

Le meunier était un personnage central de la vie du village. Sous l’Ancien Régime, le moulin était un outil « banal », c'est-à-dire communautaire et dépendait du seigneur local. Les paysans lui apportaient leur récolte de grain. Pour paiement de sa peine, le meunier prélevait une part de la farine obtenue.

 

La fin du XIXème siècle amorça la disparition d’une tradition meunière villageoise au profit d’une industrie minotière urbaine.

 

                                                 

 

D'après le recensement de 1841, Mansuy PURSON est cité comme meunier à la retraite. cette charge étant transmise à son fils Denis Victor. On sait d'après le recensement de 1851 que le Moulin de Marats était encore habité par un foyer composé de sept personnes. Le dernier meunier de Marats se nommait donc Denis Victor PURSON, sa femme Joséphine SABATIER et leur cinq fils, Adolphe, Nicolas Alcide, François Victor, Jules et Gustave. D'autre part, sur le recensement du 10 juin 1856, on apprend que le moulin est inhabité. On retrouve la trace du foyer de cet ancien meunier habitant la Rue Haute à Marat-la-Grande qui exerce désormais le métier de briquier.

 

 

Le Menuisier

 

Le menuisier scie, rabote, frappe, encastre, assemble... Dans un monde où le plastique n’existe pas, nos ancêtres sont nés dans les berceaux que le menuisier a créés, ils ont vécu au milieu des meubles, des chaises, des tables qu’il a fabriqués... et ont fini dans les cercueils qu’il a préparés.

 

La menuiserie est une activité qui cherche sa place entre la charpenterie et l’ébénisterie. Par exemple, la pose des planchers les plus courants est effectuée tantôt par le charpentier, tantôt par le menuisier. L’ébéniste se réserve en général les travaux de menuiserie les plus délicats.

 

Sous l’Ancien Régime, il n’est pas rare que le menuisier soit également paysan : en été il est dans ses champs, en hiver, saison noire de la terre, il fait des meubles et emploie ses garçons à dresser les planches au rabot, à pousser les rainures.

 

En 1841, on compte sur Pierre Nicolas HEBERT et Victor NOËL pour réaliser ces objets du quotidien.

 

 

Le Négociant et le Marchand

 

Deux métiers assez proche l’un de l’autre et dont Marats ne manquait pas. En 1841 sept personnes exerçaient ce métier et le recensement distingue les négociants (Henry Germain LARCHIER et Camille LAURENT) des marchands (Marie Anne ASSI, Bernard NOËL, Georges POUPART, Paul PURSON et François Marie RAULIN). Les négociants étaient surtout négociant en gros pour le vin ou le blé alors que les marchands étaient plutôt ambulants et vendaient par exemple du chanvre, du fil, de l’huile ou encore des draps.

 

 

La Repasseuse

 

Elle sait souvent raccommoder le linge et le repasser. On l'employait souvent le samedi dans les maisons pour le repassage des « habits du dimanche ».

 

En 1841 on trouve Marie Agnès BOURGEOIS et Thérèse SALMON.

 

 

Le Tailleur

 

L’extrême pauvreté du monde rural ne lui permit pas, avant la fin du XIXème siècle de faire appel au tailleur. On relève pourtant sur le recensement de 1841 le nom de Nicolas ROGET exerçant la profession de tailleur « d’habits » à Marats.

 

Les vêtements ruraux de travail s’usaient vite car ils étaient en contact avec des matières rudes et salissantes, et étaient soumis aux intempéries. La rudesse de la toile à coudre demandait une grande dextérité.

 

 

Le Tisserand

 

Autrefois, les fibres synthétiques n’existaient pas. On travaille la laine, le lin, le chanvre.

Le tissage a longtemps constitué, pour le paysan d’Ancien Régime, un revenu d’appoint non négligeable.

 

Certains sont les propriétaires de leur outil de travail et produisent directement pour une petite clientèle locale, leurs voisins du village ou des alentours.

D’autres travaillent l’hiver pour des fabricants ou des marchands de la ville qui leur fournissent le fil, parfois même le métier, et les tisserands leur rendent toiles, draps et cotonnades. Une activité qui prend encore de l’essor au XIXème siècle.

 

A Marats, en 1841, cette activité emploi cinq travailleurs. Martin Mansuy BOURGEOIS, Pierre Philippe HEBERT, François LEOBERT, Nicolas PETITPAS et Claude Gibrien SALMON sont de ceux là.

 

Le métier est pourtant rude. On connaît bien, à l’époque, "le teint pâle, l’étiolement, la faiblesse de ces malheureux tisserands à bras qui, chaque jour et pendant quatorze à dix-sept heures, travaillent chez eux, à faire des toiles de coton, de lin ou de chanvre, dans des rez-de-chaussée humides, souvent même dans des caves, où le jour et l’air arrivent à peine, et où le soleil ne pénètre jamais".

 

À partir du milieu du XIXème siècle se conjuguent modernisation du filage et déclin de l’industrie toilière. Les revenus des paysans tisserands baissent au rythme de la chute d’activité. Si les nouvelles industries textiles, avec leurs métiers à filer et à tisser mécaniques, se sont établies dans la région, les anciens fileurs et tisserands essaient d’y travailler. Sinon, c’est le chômage total, une baisse du niveau de vie pour les générations les plus anciennes, l’exode rural pour les plus jeunes.

 

 

Le Tonnelier

 

Comme la vigne était présente aux Marats, les artisans tonneliers l’étaient aussi. On relèvera les noms de Jean et  Nicolas Médard CHARUEL en 1841.

 

Mais leur production n’était pas réservé au vin : le tonneau servait, à cet époque, de récipient de toute sorte pour les liquides.

 

 

Le Vigneron

 

Sous l’Ancien Régime, les paysans ont pour la plupart planté sur leurs terres une rangée de ceps qui leur assurent un peu de vin pour leur consommation personnelle. Mais quelques-uns, plus spécialisés, sont déjà mentionnés comme vignerons dans les registres paroissiaux.

 

Le 3 octobre 1819, Christophe COLSON et Nicolas HEBERT des Marats fixèrent l’ouverture des vendanges, en application de la loi du 6 octobre 1791. Ces deux experts légaux exerçaient encore leur fonction en 1822.

 

En 1841, on trouve encore les noms de Nicolas ROUSSELLE et Mare GERARD.

 

       

 

En 1888, il y avait encore des vignes sur le versant nord-ouest de Marat la Petite. Cette côte porte encore le nom évocateur de côte à Rougeats.

Après cette date, le phylloxéra a eu raison des derniers ceps de vigne sur le terroir de Marats.

 

 

 

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